Medical Humanities: les sciences humaines en médecine
La notion de « Medical Humanities » a été introduite aux Etats-Unis dans les années 50, lorsque, dans quelques universités isolées, la formation médicale de base a été complétée par l’enseignement d’éléments des sciences humaines et sociales. A ce jour, les « Medical Humanities » constituent un domaine encore peu institutionnalisé qui se définit avant tout par l'enseignement et à peine par la recherche.
Dans ce contexte, les Académies suisses des sciences ont lancé le projet « Medical Humanities ». Dans un premier temps, il convient de rassembler, dans des colloques et ateliers, les scientifiques intéressés des domaines de la médecine et des sciences humaines. Par la suite, la situation de la recherche en « Medical Humanities » sera examinée et valorisée sous l'angle de la pratique médicale. Sur la base de ces travaux préliminaires, un dialogue à long terme entre les experts en sciences culturelles et sociales et les médecins devrait être amorcé.
Publication «Les Medical Humanities en Suisse»
A cette occasion, les Académies suisses des sciences ont procédé à une enquête sur l‘offre de formation en «Medical Humanities» dans les hautes écoles de la santé suisses. Cet état des lieux est publié dans le présent document; il comprend également un résumé d‘une vue synoptique de la recherche sur la santé orientée vers les sciences sociales en Suisse.
Téléchargement de la publication (pdf)
Medical Humanities: Etat actuel et développement dans les hautes écoles suisses. Colloque, 16 mars 2012.
La réunion d’experts, organisée par les Académies suisses des sciences, a permis d’avoir un aperçu de l’enseignement en Medical Humanities en Suisse.
Programme
Présentations de la réunion (pdf):
Michelle Salathé: Medical Humanities an den Schweizer Hochschulen
Micheline Louis-Courvoisier: Enseignement des sciences humaines en médecine à Genève
Alexander Kiss: Modelle und Erfahrungen Universitätsspital Basel
Guenda Bernegger: Le modèle tessinois
Julie Page & Andreas Bänziger: Sozialwissenschaftliche Gesundheitsforschung in der Schweiz
Anne Hudson Jones: History, Development, and Current Challenges of Medical Humanities
Peter Rüesch: Workshop I, Forschung
Workshop IV: Formation en Medical Humanities dans les hautes écoles
Veranstaltungszyklus zum Themenkreis «Intimität und Intrusion»
Série de colloques sur le thème de l'« intimité et intrusion »Trois ateliers sur le thème global de l'« intimité et intrusion », mettant en évidence les possibilités d'un discours interdisciplinaire, se sont déroulés dans le cadre de congrès annuels de sociétés de disciplines médicales. Quatre exemples de la pratique ont illustré l'atelier psychiatrie; chacun d'entre eux a aussi été considéré sous l'angle des sciences sociales ou juridiques. Quelle attitude adopter avec une patiente qui, pendant plusieurs jours, ne fait pas sa toilette? Comment le thérapeute peut-il éviter que ses questions n'aggravent l'état d'un patient déjà sévèrement traumatisé? Si, dans cet atelier, la distribution claire des rôles a permis de rester concentré sur le thème central du colloque, elle a aussi accentué les différences structurelles et culturelles existantes: les intervenants des sciences médicales ont surtout été considérés comme des praticiens, ceux des sciences humaines et sociales comme des observateurs et des interprètes des cas pratiques dans des contextes élargis.
Le deuxième atelier « Intimité et intrusion aux soins intensifs » abordait l'une des conséquences de la technicisation de la médecine : les patients sont souvent limités dans leurs capacités de communication et d'action, alors qu'en même temps leur corps «nu» est scrupuleusement observé. Le troisième atelier « Consultation et sexualité au-delà du viagra et de la pudeur » donnait la priorité à l'entraînement aux perspectives. La sexualité est souvent assimilée à ce qu'il y a de « plus intime » et concerne de ce fait un espace caractérisé par la peur du contact à différents niveaux, également dans la pratique clinique quotidienne.
Les trois ateliers ont montré que le cadre de référence scientifique ne suffit pas à la plupart des médecins et soignants pour interpréter et traiter les souffrances de leurs patients. Des facteurs sociaux et culturels interviennent aussi dans leur compréhension de la santé et de la maladie. Sibylle Obrecht, experte en sciences des cultures, a accompagné ces ateliers et rédigé un rapport à ce sujet.






